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Le 19 décembre 1591, le roi de Navarre écrivant d'Étrépagny
à son cousin le duc de Nevers de se rapprocher de Grandvilliers
et de Formerie pour "manger le pays de ses ennemis" et lui annonçait qu'il irait
avec lui et toute la cavalerie française pour combattre l'ennemi
sous ces villes dont il connaissait la loyauté.
En 1792, nos patriotiques populations du canton n'hésitèrent
pas à s'enrôler au cri de "La Patrie est en danger!" et nos
volontaires commandés par le capitaine Hippolyte Roche de Formerie
partirent renforcer les armées du Rhin et de Sambre et Meuse.
Le 28 octobre 1870, Formerie résista courageusement à l'envahisseur
allemand dont l'objectif était de s'emparer de la voie ferrée
d'Amiens-Rouen. Grâce au courage et à la savante tactique
du capitaine Dornat, il put, avec sa compagnie de 130 hommes, tenir l'ennemi
en échec et permettre à des éléments du 1er bataillon
des mobiles de l'Oise et du nord d'accourir et de transformer en déroute cet échec
des Prussiens. Ceux-ci s'en vengèrent en incendiant plusieurs maisons
et en bombardant copieusement notre cité. La 5ème compagnie du 1er bataillon des mobiles de l'Oise
qui prit une part active au combat de Formerie était commandée par le capitaine
Ancelin qui avait sous ses ordres le lieutenant Godard et le sous-lieutenant Elphège
Durier de Formerie.
Un monument de la défense de Formerie fut inauguré le 28 octobre 1871 et
un monument à la mémoire du capitaine Dornat, oeuvre du statuaire Greber,
fut inauguré en octobre 1909, par M. Albert Sarraut alors sous-secrétaire
d'État à la guerre.
Le général Joffre qui commandait alors à Amiens assistait à l'inauguration.
Puis vint 1914. Et ce fut le lamentable défilé des populations du Nord,
chassées de chez eux par l'envahisseur. En 1915, un parc important
de munitions est installé à Formerie. Autour de la gare d'Abancourt,
sur Blargies et Moliens, les Anglais installent un immense parc. La situation de Formerie
devenait critique. La première attaque de Formerie par avions eut lieu
dans la nuit du 16 au 17 mai 1918, puis le jour de la pentecôte
où Abancourt, Fouilloy, Romescamps, Blargies, Mureaumont, Bouvresse
et campeaux reçurent leur part de torpilles et de bombes.
Le lundi de Pentecôte, nouvelle attaque et dans la nuit vers 22h00,
les Allemands faisaient sauter et incendiaient le parc à munitions
anglais de blargies.
Les 25 et 27 juin furent les derniers jours de bombardement et le front remontant
avec l'avance alliée, Formerie connut alors le calme et salua avec joie
la victoire de la France et de ses alliés. 11 novembre 1918.
Le monde entier panse ses blessures, relève ses ruines. L'industrie et le commerce
reprennent un nouvel essor. Soudain l'angoisse renaît. La tension diplomatique s'accroît,
un peuple semeur de ruines et de misères, a trouvé un chef réalisateur de ses
noirs desseins et par ses violations de traités, ses occupations successives de pays
incapables de se défendre contre un ennemi supérieurement outillé
et entraîné, va déclencher une nouvelle guerre, la drôle de guerre.
C'est de nouveau l'invasion de notre sol, par une armée formidable à laquelle
rien ne saurait résister. Et Formerie vécut à nouveau les lamentables
cortèges fuyant les hordes ennemies, mitraillés sur les routes, laissant
derrière eux leurs villages en flammes, leurs maisons en ruines.
L'ennemi fonce sur Rouen. Dès ce 20 mai, à Formerie, l'exode de nos
concitoyens commence pour être presque totale les 6 et 7 juin, et ce sera
la lutte héroïque des 1er et 2ème bataillons du 144ème
d'infanterie pour arrêter ou plutôt freiner l'avance ennemi.
Lutte par trop inégale à laquelle l'ennemi rendit hommage le 10 juin lorsque se rendit la poignée des braves
restés valides de cette formation. Formerie déjà bombardé, incendié
systématiquement par l'ennemi furieux d'une telle résistance. Les côtés Nord et Ouest
du Fryer, toute la rue Dornat et le centre ne formèrent bientôt plus
qu'un amas de ruines.
Et ce sera l'occupation de notre cité, M. Paul Hubert, maire, aura l'écrasante
tâche de défendre ses concitoyens contre les exigences d'un
ennemi exigeant et jamais satisfait. C'était trop demander à un homme qui, rentrant d'exode, avait
trouvé sa maison complètement détruite; malade, il abandonna en fait ses fonctions de maire.
M. Midrier adjoint le remplace.
Entre temps dès le mois de mai 1944, le "Parc de Formerie" est bombardé
les 3, 7 et 11 ; des hangars sont incendiés ou détruits, les voies coupées.
Les 19, 20, 25, 28 et 30, nouveaux bombardements du parc avec quelques dégâts rue de la gare.
Le 24 juin nouvelle attaque.
Le 6 juin le 2ème front est créé, et Formerie est libéré le jeudi 31 août vers 15h15.
La résistance fortement organisée dans la région se manifeste alors ouvertement et nettoie le pays des 1500
allemands qui s'y trouvaient encore.
Notre cité est meurtrie, mais elle n'est pas morte. La population, rentrée
d'exode s'est casée tant bien que mal; des commerçants ont ouvert boutique où et comme ils ont pu.
La vie reprend à Formerie. Nos marchés reprennent de leur activité, et le 21 juin 1950
ce sera la récompense de tant de vaillance, de courageux efforts et de ténacité.
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