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aujourd'hui nous fêtons les

L'incendie de l'église du XVIIème siècle

                                                            

Dans le registre paroissial, le chanoine Ricart, curé-doyen de Formerie de 1932 à 1945, relate la catastrophe de 1933.

« La veille on avait préparé l’église pour le service anniversaire de M. Eugène Durier, président du conseil paroissial…

A deux heures du matin, Mme Desvignes qui habite près du presbytère ( maison à l’angle de la route d’Haucourt) et dort la fenêtre ouverte, est suffoquée par une odeur de fumée. Elle se lève et aperçoit les vitraux de la sacristie qui rougeoient des lueurs de l’incendie. Elle se précipite au presbytère dont la grand’ porte est toujours ouverte, réveille M. le curé-doyen tandis que son fils Pierre va alerter M. Paul Hubert, maire. M. le curé voit que la sacristie est en flammes. Il ouvre la porte latérale de l’église pour essayer de sauver le Saint Sacrement. Il s’avance vers la grande allée, mais à demi  asphyxié par la fumée, il est obligé de battre en retraite. Il court dans Formerie en criant « Au feu ! L’église brûle ! », Tandis que M. Marceau Micheneau, clairon des pompiers, sonne le rappel. Bientôt, M. le Maire, M. Midrier adjoint, d’autres personnes, les pompiers accourent sur les lieux du sinistre. Il n’y a plus rien à faire : les mares sont gelées ; les citernes bientôt épuisées ; les pompes fonctionnent mal. Le toit de la sacristie s’effondre. Le clocher s’embrase, les cloches fondent, la toiture s’écroule. A trois heures et demi, tout est fini : il ne reste plus rien de l’église. Les pompiers de Gaillefontaine et d’Haucourt se sont joints à ceux de Formerie pour essayer de combattre le sinistre dont les causes sont inconnues. On suppose que le calorifère est à l’origine de l’incendie.

            Dès le lendemain, M. Emile Durier met à  la disposition du culte une baraque à l’usage d’étable situé route de Gaillefontaine (près de l’habitation n°3).

            Quinze jours après, M. André, entrepreneur de maçonnerie offre de construire à ses frais, sur un terrain lui appartenant, rue du Château, une église provisoire. Elle sera inaugurée le 6 mai 1934. M. André envisage  de convertir, par la suite, ce bâtiment en briques en logements ouvriers. Finalement, il deviendra une salle d’œuvres, de cinéma et après diverses utilisations pendant la guerre (mairie, école…) c’est l’actuelle salle paroissiale.


La reconstruction


1937 : le jour de la pentecôte, Formerie est en liesse : la nouvelle église, reconstruite après l’incendie qui détruisit complètement l’édifice religieux dans la nuit du 5 au 6 décembre 1933, reçoit la bénédiction rituelle.

            La semaine précédant la cérémonie, les artisans et ouvriers se hâtent pour terminer les travaux. Les préparatifs provoquent une grande nervosité chez les organisateurs. La pluie qui ne cesse de tomber les inquiète : on place des madriers et des planches autour de l’église pour éviter de marcher dans la boue.

 

            A 9h30, le cortège venant du presbytère arrive devant le portail fermé. M. Paul Hubert, maire, remet la clef de l’église à M. le chanoine Lambert, vicaire capitulaire qui remplace Mgr Le Senne, évêque de Beauvais-Noyon-senlis, décédé le 18 mars. Après la bénédiction à l’extérieur, puis à l’intérieur, M. le maire et toutes les autorités pénètrent dans l’église. Ils sont suivis d’une foule très dense. Au nom du conseil paroissial et du comité de reconstruction de l’église, M. Moyencourt souhaite la bienvenue aux autorités ecclésiastiques.

            L’office est célébré par le chanoine Henri Ricart, curé-doyen de Formerie.

            A l’évangile, il exprime sa joie et sa reconnaissance « Dans cette nuit glaciale du 5 décembre 1933, quand les flammes mangeaient notre église, M. le maire en voyant le désespoir du curé lui dit : on vous la rebâtira notre église. Cette promesse fut magnifiquement tenue… »

            « Vous admirez aujourd’hui les proportions splendides, la pureté des lignes, le chœur majestueux où sont conservées les fenêtres de l’ancien sanctuaire, la nef  lumineuse » .

            Les statues, les chapiteaux ouvragés, les autels ciselés dans la pierre sont l’œuvre d’un simple artisan régional et véritable artiste : M. Darras, de Meigneux, dans la Somme.

            Le chanoine Ricart rappelle la générosité des habitants lors de la collecte dans la ville, celle des paroissiens qui ont fait don des statues, des vitraux, des lustres, de l’orgue.

            « Merci à tous les ouvriers obscurs qui ont contribué à la  beauté de notre église. »

            Après la grand’ messe, un déjeuner dont le menu fait honneur à M. Adolphe Midrier réunit cent cinquante convives dans la salle des fêtes.

            L’après-midi, les trois cloches, revêtues de fines dentelles, sont baptisées : ELEONORE, offerte par M. et Mme René Simon, en souvenir de leur grand’ mère marraine en 1855 de la précédente Eléonore ; ANDREE offerte par M. et Mme Georges Martin, en mémoire de leur fils unique mort au champ d’honneur le 6 septembre 1914 ; MARIE-JOSEPHINE, la plus petite, fondue avec le bronze des anciennes cloches et offerte par la municipalité. M. et Mme Paul Hubert sont parrain et marraine.

            Renée, la quatrième cloche, fut baptisée le 6 mai 1934, lors de la bénédiction de l’église provisoire (donnée par la marraine, Melle Sébillon, amie de la nièce de M. le doyen, parrain M. Emile Durier.)

            Le vendredi suivant, à 11 heures, trois joyeuses volées annoncent à la ville de Formerie que les quatre cloches ont pris place dans leur habitation. Bien des cœurs sont étreints d’émotion.

            La bénédiction des vitraux et de l’orgue ont lieu quelques mois plus tard, le 24 octobre 1937.

            En juin 1940, l’église subit à nouveau d’importants dégâts. Elle est bombardée, une première fois, par l’aviation allemande, une deuxième fois, maladroitement, par les alliés américains. Ce n’est que plusieurs années après la fin de la guerre qu’elle sera entièrement restaurée.