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aujourd'hui nous fêtons les

Remise de la croix de guerre le 21 octobre 1951
Décernée le 21 juin 1950, Formerie reçu la Croix de guerre des mains du général WARABIOT le 21 octobre 1951

       "Bombardée et attaquée les 6, 7 et 8 juin 1940, la ville de Formerie âprement défendue par nos soldats, fut pillée et incendiée en représailles de cette action héroïque. Pendant quatre ans, elle subit la loi et les exigences de l'occupant se retranchant dans une résistance active, résolue, efficace en faveur des parachutistes et agents alliés. Libérée le 31 août 1944, sa population a depuis, mis tout en oeuvre, pour relever ses ruines, faire renaître sa cité meurtrie, rétablir son commerce, ses marchés et lui redonner sa renommée et son activité de jadis. Titulaire de la croix de Guerre 1914-1918, la ville de Formerie a de nouveau bien mérité de la Patrie."

       Cette magnifique citation décernée le 21 juin 1950 par le ministre de la Défense Nationale, valant à Formerie l'attribution de la croix de guerre 1939-40 avec étoile de bronze, le général WARABIOT est venu remettre officiellement cette décoration à la ville martyre.
       Il est plus de 17 heures quand, les personnalités officielles regagnent la place Dornat, où va se dérouler la remise officielle de la croix de guerre.
       Tandis que la foule se masse au centre de la place, la musique de la 2ème D. B. prend place près de la tribune officielle, au pied de laquelle les trente-cinq drapeaux des sociétés patriotiques montent d'un côté une imposante garde d'honneur et que de l'autre la section de la gendarmerie de Beauvais, sous les ordres du capitaine Carlier, présente les armes.
       Le docteur Gaudefroy prend le premier la parole pour saluer l'invité d'honneur de Formerie : le général Warabiot. Il rappelle brièvement ses états de service. Brillant combattant de 14-18, on le retrouve en 1942 lieutenant-colonel à la 2ème D.B. du général Leclerc, où il prend le commandement du 5ème cuirassiers. Il conduira ses blindés victorieux des plages de Normandie au delà du Rhin, ayant auparavant délivré Paris.

       A ce titres de glorieux combattant, il en ajoute un autre : celui d'être un peu un enfant du pays, puisque le général Warabiot est né à Grandvilliers, dont il vient de devenir le conseiller général. Il était donc normal que la municipalité de Formerie l'ait choisi pour être en ce jour l'invité d'honneur de la ville et lui remettre cette distinction dont elle s'honore.
       Le général Warabiot, dans une prenante allocution, rappelle le martyre de Formerie qui, en un peu moins de trois quarts de siècle , a subi trois fois l'injure allemande. En 1870, après que le capitaine Dornat avec 130 hommes eut refoulé les Prussiens jusqu'à Beauvais. En 1914, la ville subit avec courage les épreuves de la guerre et reçut pour sa vaillance sa première Croix de Guerre. En 1940 enfin, pendant cinquante-cinq heures de combats acharnés, deux bataillons du 114ème R. I. tinrent tête aux allemands et retardèrent l'avance ennemie. C'est irrité par cette résistance que l'état-major nazi fit, en guise de représailles, incendier la ville : 132 maisons furent complètement détruites, d'autres endommagées, et l'on eut à déplorer dix-huit morts. Il magnifia le courage de la population relevant ses ruines et organisant la résistance. Sous l'impulsion du docteur Dulois, puis du docteur-vétérinaire Baillon, un premier groupe local de résistants se formait et ce furent les déraillements des trains, les points stratégiques bombardés, d'après les renseignements fournis, les aviateurs alliés recueillis conduits à Paris, puis à Londres, etc. Le 31 août 1944, les groupes local et cantonal capturaient 1500 allemands, perdant trois des leurs dans cette action héroïque.


       "L'histoire de Formerie? dit le général. Mais c'est une longue et belle page de notre histoire de France, où nos enfants pourront trouver de magnifiques exemples de courage, d'abnégation et de sacrifice; en se souvenant toujours que cette ville a supporté sans se plaindre les horreurs de la guerre et la souillure de l'ennemi et n'a jamais désespéré de la France, de sa victoire et de son héroïque passé. En tous temps, en tous lieux, et sans faiblir une seconde, Formerie, faisant preuve d'une résolution énergique et d'un patriotisme farouche, resta digne de son glorieux passé".

       Pouvait-on trouver des mots plus nobles et plus justes pour rendre hommage à une ville qui recevait le 21 octobre 1951 officiellement la juste récompense de l'héroïque conduite de tous ses enfants ?


photo G. MARCEL pour Leclerc, Formerie.
Le général Warabiot devant la plaque du Souvenir